rapport spécial

Témoigner de la coopération Chine-Afrique dans le cadre des Nations Unies

Apr 20, 2026

Par Global Times

Publié le : 20 octobre 2025 à 20h24

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Illustration : Xia Qing/GT

Note de la rédaction :

L'année 2025 marque le 80ème anniversaire de la fondation de l'ONU. C'est aussi un moment pour examiner et réfléchir à la trajectoire extraordinaire des relations Chine-Afrique. Du partage de circonstances historiques similaires et de la résistance conjointe au colonialisme et à l'hégémonie, à la quête actuelle du rêve partagé de modernisation et à l'avancement des réformes de l'ordre international et de la gouvernance mondiale, la coopération Chine-Afrique a vu sa portée s'élargir et sa substance s'approfondir - un parcours étroitement lié à l'histoire propre de l'ONU sur 80 ans.

Le Global Times, en coopération avec Independent Media d'Afrique du Sud, a lancé une série intitulée « Dialogue du Sud mondial · Puissance d'opinion Chine-Afrique », invitant des experts et universitaires chinois et africains à engager des discussions approfondies sur un large éventail de sujets liés aux relations sino-africaines et à leur contexte international. Le troisième volet à consacré aux discussions sur le parcours de 80 ans de l'ONU témoignant de la voie remarquable des liens Chine-Afrique.

La signification historique de la Résolution 2758 de l'AGNU

Yoro Diallo (un éminent universitaire malien et ancien diplomate) : L'année 1971 est importante - non seulement dans l'histoire des relations Chine-Afrique, mais aussi dans les annales de l'histoire mondiale, dans l'histoire de l'ONU. En 1971, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Résolution 2758, qui a rétabli le siège légitime de la République populaire de Chine à l'ONU.

Ce vote allait au-delà d'une procédure. Pour moi, c'était un tournant dans les relations internationales - un moment où la voix collective des pays en développement, menée par l'Afrique, a remodelé l'équilibre moral et politique de la gouvernance mondiale. C'était un vote pour la justice et pour l'égalité, démontrant une unité et une conviction extraordinaires.

À cette époque, la plupart des pays africains venaient tout juste d'accéder à l'indépendance et comprenaient profondément la douleur de l'exclusion et la valeur de la souveraineté. C'était une déclaration de principe - le principe que chaque nation, quelle que soit sa taille ou son idéologie, mérite la reconnaissance, le respect et la représentation dans la communauté internationale.

En restaurant la place légitime de la Chine à l'ONU, les pays africains ont affirmé que l'ordre mondial devrait être guidé non par le pouvoir, mais par la justice et l'égalité.

Abner Mosaase (chef des relations internationales à l'Agence de croissance et de développement Gauteng, Afrique du Sud, et membre du Comité des relations internationales du Congrès national africain) : L'Afrique est fière de ses liens avec la Chine, parce que la Chine n'est pas perçue par nous comme une puissance impériale ou coloniale. Nous considérons la Chine comme un symbole d'internationalisme progressiste. 

L'équilibre des forces dans le monde a basculé de l'unipolarité qui prévalait depuis la chute du mur de Berlin en 1989. Avant cela, le monde était bipolaire, avec le Bloc oriental et le Bloc occidental se disputant l'espace idéologique pour l'hégémonie. 

Le développement de la Chine et le soutien à la Résolution 2758 de l'AGNU en 1971 par la majorité des pays africains ont assuré que la Chine soit collectivement positionnée comme l'une des forces principales et dominantes dans le climat géopolitique en mutation. 

Nous considérons la Chine comme le champion de la coopération Sud-Sud. Nous considérons le rôle des forces du marché en Chine comme un levier utile pour transformer notre paysage économique, à l'image des évolutions dans le monde et au sein des BRICS. La Chine est très importante ici parce que nous comptons sur la Chine pour nous aider à rétablir le système de paiement mondial, ainsi qu'à réduire la dépendance du dollar américain, qui est parfois arbitrairement utilisé pour sanctionner les pays qui ne se conforment pas à certaines politiques américaines.

L'Afrique du Sud accueillera le sommet des dirigeants du G20 les 22 et 23 novembre. Nous espérons que les déclarations du prochain sommet du G20 contribueront à faire émerger de manière saine une nouvelle configuration mondiale.   

Promouvoir conjointement un système de gouvernance mondiale plus juste et plus équitable

Yoro Diallo : La Résolution 2758 de l'AGNU marque un nouveau chapitre dans la gouvernance mondiale. Elle a ouvert et transformé plus que le simple siège de la Chine aux Nations Unies - elle a redéfini la géométrie de la gouvernance mondiale. Le retour de la Chine a donné une nouvelle énergie au multilatéralisme, renforcé la voix des pays en développement et accéléré le passage vers un ordre mondial plus inclusif et multipolaire.

Premièrement, elle a affirmé le principe de légitimité et de représentation légale. La Résolution 2758 a renforcé l'idée que les institutions internationales doivent refléter la réalité, et non l'idéologie - que la voix de chaque pays mérite d'être entendue. Deuxièmement, elle a redéfini la coopération Sud-Sud. Le partenariat Chine-Afrique, né dans cette ère de solidarité, a évolué pour devenir l'un des plus dynamiques exemples de développement mutuel et de respect réciproque dans le monde moderne. Troisièmement, elle a jeté les bases d'un système de gouvernance mondiale plus équilibré en offrant une plateforme plus renforcée aux pays en développement. 

Ismail Debeche (président de l'Association d'amitié Algérie-Chine) : Le contexte historique et politique - fondé sur le soutien fort de la Chine aux mouvements africains d'indépendance et de libération nationales - a formé la base très solide des relations Chine-Afrique.

La Chine a également été une victime de l'Occident par le biais de l'ONU. Elle a été privée de son statut légal à l'ONU pendant plus de 20 ans, soit à partir de 1949 jusqu'en 1971. Pendant la même période, de nombreux pays africains ne pouvaient pas non plus participer à l'ONU parce qu'ils étaient encore sous domination coloniale. Ainsi, la Chine et l'Afrique étaient toutes sous domination occidentale et confrontées aux défis occidentaux, souvent au détriment de la légalité, de la justice et de la paix.

C'est pourquoi nous constatons aujourd'hui que la plupart des pays africains et la Chine partagent des attitudes similaires envers les institutions internationales telles que l'ONU. Ils appellent tous à réformer les organisations afin qu'elles puissent retourner à leurs principes d'origine et à l'esprit de la Charte des Nations Unies.

Ouvrir un nouveau chapitre de coopération gagnant-gagnant et de développement commun

Ismail Debeche : En 2024, le volume du commerce entre la Chine et les pays africains a atteint 295,6 milliards de dollars américains, soit une augmentation de 4,8% en glissement annuel, établissant un nouveau record pendant quatre ans consécutifs. 

L'investissement chinois en Afrique a apporté des résultats très positifs pour les populations africaines. Par exemple, la Gambie est un petit pays qui est quasiment entouré par le Sénégal. Il y a des années, il fallait presque une semaine pour voyager en voiture du sud du Sénégal à sa capitale Dakar. Lorsque la Chine a construit un pont reliant le nord et le sud du Sénégal, passant par la Gambie, le trajet a été réduit à quelques heures. 

Prenons l'exemple de la coopération entre l'Algérie et la Chine. Le partenariat économique entre les deux pays est basé sur un modèle gagnant-gagnant. Par exemple, la coopération dans la construction de raffineries et la production pétrolière permet désormais à l'Algérie de produire du pétrole raffiné sur son territoire, au lieu de l'importer d'Europe. 

Les Africains parlent maintenant d'un fait : Le modèle de coopération chinois, basé sur l'Initiative de la Ceinture et la Route, progresse très bien et contribue profondément aux projets économiques et aux investissements africains.

Yoro Diallo : À ce moment historique, où la gouvernance mondiale est soumise à l'inégalité et à l'injustice, le partenariat Chine-Afrique offre une troisième voie - et c'est un modèle tourné vers l'avenir. Ce n'est pas le modèle occidental de relations donneur-bénéficiaire. 

Pour devenir une force transformative, la coopération Chine-Afrique doit continuer à se développer le long d'un chemin multidimensionnel. Premièrement, la prochaine étape de la coopération donnera la priorité à la recherche conjointe, au transfert de technologie et à la mise à niveau numérique, permettant aux économies africaines de monter dans la chaîne de valeur mondiale et de favoriser des écosystèmes autonomes d'innovation.

Deuxièmement, la construction des institutions durables - des universités, des groupes de réflexion, des plateformes numériques et des mécanismes financiers - permet de transformer la coopération dans une série de projets en une architecture partagée de progrès. 

Troisièmement, l'accent est mis sur les peuples, et non sur le profit. L'essence de la coopération Sud-Sud réside dans les connections humaines - investir dans l'éducation, les échanges culturels et la culture numérique garantit que le développement sert le peuple, et pas seulement les marchés.

En se concentrant sur ces dimensions, la coopération Chine-Afrique peut transcender la logique traditionnelle de l'aide et du commerce et devenir un modèle de développement inclusif. Elle représente un paradigme distinct de gouvernance du Sud mondial. 

Liu Zhaoyi (directeur de la branche Afrique du Sud à l'Institut d'études africaines, Université normale du Zhejiang) : Mon travail est profondément impliqué dans la réduction de la pauvreté et dans le développement régional en Afrique du Sud. Je vois qu'il existe une nécessité émergente : renforcer la coopération dans le développement économique entre la Chine et l'Afrique du Sud. Je travaille également avec de nombreux investisseurs de Chine en Afrique, et j'ai vu de nombreux bons exemples de promotion du développement local à travers le continent africain.

Plusieurs voies communes de coopération Chine-Afrique sont présentes, de l'établissement de nouvelles normes mondiales et de mécanismes de financement au développement de capacités pratiques et à l'élaboration des indicateurs qui alignent l'ONU, l'Union africaine, le G20 et l'OMC. Ces idées nous rappellent que le droit au développement est non seulement une aspiration mais aussi une responsabilité partagée.

Nous avons vu comment l'esprit de solidarité anticoloniale qui a jadis défini les relations entre la Chine et l'Afrique continue aujourd'hui de façonner la trajectoire d'un monde multipolaire. Nous avons été témoins de la façon dont le Forum sur la coopération Chine-Afrique fonctionne désormais comme une forme de multilatéralisme, renforçant le travail de l'ONU grâce à sa capacité de mise en œuvre pratique et son caractère inclusif et participatif. Et nous avons souligné la nécessité de rendre effectif le droit au développement, en passant des déclarations aux règles concrètes grâce à de nouveaux cadres d'évaluation, à des mécanismes de financement et à une gouvernance inclusive, la Chine et l'Afrique agissant non seulement comme partenaires, mais aussi comme co-constructeurs de l'ordre mondial.